23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 04:47

CP Blanche Neige

 

 Dossier de presse


Confiée à différents acteurs de la jeune création, la programmation des Rendez-vous du Forum alterne des "sessions" inventées librement par les artistes et commissaires, ainsi que et des explorations des Collections et des archives audiovisuelles du Centre Pompidou, intitulées "Voir/Revoir".

BLANCHE-NEIGE, LE BANQUET
UNE PROPOSITION DE CATHERINE BAŸ
Un banquet avec une quinzaine de "Blanche-Neige"

Lancé en 2002, le projet prend la forme d'un étrange Banquet auquel prennent part durant sept jours une quinzaine de "Blanche-Neige". Des artistes et des personnalités sont invités à partager la table des "Blanche-Neige", provoquant des connexions entre des univers fort différents. L'enjeu de ce banquet est de confronter ces univers à la mémoire du Centre Pompidou, ouvert à la création en devenir mais dont l'histoire et l'architecture sont déjà dans nos mémoires.

Avec les artistes

Laurent Friquet, Pascal Lièvre, Tsuneko Taniuchi, Pauline Colonna d'Istria et Florian Gaité, Azzedine Saleck, Le journaliste, Christoph Hefti, Le Grand Bizarre, Carole Douillard, Lindaboie, Lea Zitrone, Thierry Mouillé, Robert Kluijver

Biographie

Chorégraphe et metteur en scène, Catherine Baÿ a fait des études de théâtre, de danse et d'ethnologie. De 1987 à 1994, elle orchestre des performances et évènements dans différents types d'espaces : piscines, boîtes de nuit, friches industrielles, galeries d'art. Elle collabore avec des artistes de différents champs d'expression : plasticiens, architectes, acteurs-danseurs… Depuis 1994, elle développe un travail sur les codes de représentation à travers différents types de projets, dont le projet "Blanche-Neige", personnage de conte populaire devenu objet de consommation. Parallèlement à ses créations, Catherine Baÿ dirige artistiquement et coproduit plusieurs structures qui sont des plateformes d'échange et de création permettant de s'interroger sur le dynamisme possible entre production, diffusion et création.


Le Banquet (extrait du texte de Florian Gaité)

En plein cœur du Centre Pompidou, un groupe de « Blanche-Neige » dresse la table d'un improbable banquet et convie son public à troubler les règles ordinaires de la réception, tant domestique qu'esthétique. La subversion de l'espace culturel fait de l'événement un moment de transgression au cours duquel les codes habituels se répandent en confettis. Icônes appropriables par tout un chacun, les « Blanche-Neige » malléables font d'emblée signe vers une consommation généralisée des images et de la culture. Au sein du musée, conservatoire des représentations collectives, s'envisagent toutes sortes de variations sur un même thème : la création incessante d'une mémoire fédérative, qui se partage comme un moment de réjouissances. Entre fête des fous et party mondaine dégrippée, le banquet revitalise les mécanismes de la convivialité en se jouant des lieux institutionnels de célébration.

Chaque manifestation surgit alors dans ce terrain vague pour former un cortège absurde qui parade allègrement, dessinant un espace de liberté soustrait aux lois de la convention hospitalière. La pantomime des « Blanche-Neige », ni danse chorégraphiée, ni théâtre improvisé, les fait évoluer sur une scène ouverte et mouvante, où l'imprévu rythme la cadence. Ce langage apparemment insensé des corps, cette gestuelle qui fait vivre la différence à même la répétition, dérange les automatismes et ravive les potentialités créatrices du groupe. Dans cet espace de non-droit, dont les repères désorientent plus qu'ils ne conduisent, le masque fait office d'identité éphémère.

Le déguisement, qui délaye les formes reconnaissables, récrée en même temps qu'il inquiète : comment se distribuent les rôles ? A quel jeu prend-on part ? … Cour des miracles ou palais des illusions, cette architecture semble transformer tous ses éléments pour produire un spectacle-performance qui prend forme dans le présent du Playtime, du temps avec lequel on joue. Si la temporalité s'y épuise presque, ce n'est que pour mieux laisser la vitalité s'exalter, pour faire du flux du hasard et des rencontres incongrues un mode d'existence viable ici et maintenant. Le débordement dionysiaque, comme une énergie vive caractérise l'expérience de ce chaos Dans ce qui s'annonce comme une véritable mascarade, les « Blanche-Neige », en hôtesses ambigües et dissonantes, battent la mesure pour que d'autres la perdent.

Penseurs, noceurs, idolâtres du corps créent autour de Catherine Baÿ la forme inédite d'un théâtre des civilités perverties. On boit, on mange, on discute, on joue au sein d'une communauté mobile qui fait elle-même se déplacer les champs formels et catégoriels de la perception. Catherine Baÿ orchestre la progression des quinze « Blanche-Neige » qui, durant une semaine, vivent un étrange quotidien. Elles se déplacent, se nourrissent, donnent à manger ou font de la gymnastique. Elles évoluent avec absurde jusqu'à produire un système de signes alternatif, un rituel insolite qui stupéfait le public.

Tsuneko Taniuchi joue la cérémonie quasi-parodique d'un mariage aux deux cent fiancé(e)s pour une seule femme, en confrontant l'unicité symbolique du rite au renouvellement de ses expériences singulières. Le cérémoniel alimentaire chavire lui aussi. Lindaboie, d'abord, introduit l'ivresse comme l'expression d'une sagesse énigmatique et propose par sa dégustation de dévoiler le reflet d'une personnalité révélée par ses goûts en matière de vin.

Carole Douillard, en charge des victuailles, pousse quant à elle la logique de l'hospitalité jusqu'à sa plus extrême manifestation : le désir cannibale et le sacrifice de sa propre chair, au travers de membres modelés à partir de nourriture. A l'image du Journaliste qui campe sa tente et intervient de façon imprévue et spontanée, le lieu oscille entre présence et absence, perturbé par les diverses manifestations aléatoires d'un monde en bribes. Un territoire de hasard où les paris d'Azzedine Saleck mènent la danse, où le jeu fédère et où l'irrationnel décrit cette non-histoire. Un territoire des singularités aussi où Le Grand Bizarre affirme autonomie, originalité et possibilité plastique.

Dans la même veine, Christophe Hefti fait d'airs aux pianos l'occasion d'une transformation animale de soi et d'un mélange des genres musicaux intrigant, entre mélancolie et enthousiasme pop. Dans un conte tout aussi inquiétant, le cavalier sans tête de Laurent Friquet accumule les masques et fragmente la pensée, déroutant la notion d'identité et brouillant les repères de la référence cultivée. Ce travail de déconstruction de la parole est poursuivi par Robert Kluijver qui commente et illustre de façon obsessionnelle la cène présentée, s'exprimant en plusieurs langues jusqu'à les mélanger, faisant de son dialecte une cacophonie du sens.

Explorateur du chaos, Thierry Mouillé juxtapose les topographies, mêlant cartographie virtuelle et déchets géographiques, en procédant à des découpes de photos de lieux en lien avec les « Blanche-Neige ». Ce geste de déterritorialisation caractérise également les performances de Pascal Lièvre qui installe la philosophie au cœur d'une salle de gym ou sur un podium de défilé. En sensualisant le discours, il explore les résonnances d'une pensée soumise à l'épreuve du collectif. Léa Zitrone finit d'ancrer le banquet dans son actualité, en proposant d'animer une émission radio. Le live insiste sur l'expérience du direct, considéré comme un signe du vivant.

Enfin, Pauline Colonna d'Istria et Florian Gaité organisent une table ronde performée qui réfléchit les modalités de fonctionnement de la pensée chaotique, tant à l'œuvre dans le projet du banquet que dans le jeu aux multiples rebondissements qui dirige ce débat.

 

Vidéo


 

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